
Ils ont 18, 20 ans, sortent tout juste du lycée, et pourtant ils pensent déjà financement, business model, impact. Créer son entreprise, lancer son projet, ne plus attendre qu'on leur offre une place dans le monde du travail mais la construire eux-mêmes : cette ambition n'est plus l'exception chez les jeunes. Elle devient la règle.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En France, le nombre de créations d'entreprises par des moins de 30 ans ne cesse de progresser. En 2023, près d'un entrepreneur sur trois avait moins de 35 ans au moment de lancer son activité. Et selon plusieurs baromètres récents, plus d'un étudiant sur deux déclare envisager sérieusement de créer ou reprendre une entreprise au cours des prochaines années, contre à peine un sur quatre il y a dix ans.
Ce n'est pas un phénomène isolé. À l'échelle mondiale, la même tendance s'observe : les universités, les grandes écoles et les écoles de commerce multiplient les incubateurs, les programmes dédiés à l'entrepreneuriat et les concours de startups. L'étudiant-entrepreneur est devenu un profil à part entière, reconnu, accompagné et de plus en plus valorisé par les institutions et les entreprises elles-mêmes.
Mais ce qui rend ce phénomène réellement fascinant, c'est le paradoxe qu'il soulève. Car ces jeunes ne se lancent pas dans un contexte idéal. Inflation, instabilité économique, marché du crédit tendu, chômage des jeunes qui reste élevé dans de nombreux pays : tous les signaux semblent au rouge pour qui voudrait prendre des risques financiers. Et pourtant, l'appétit pour l'entrepreneuriat ne faiblit pas. Il grandit. Alors qu'est-ce qui pousse une génération entière à vouloir entreprendre malgré les obstacles ? Qu'est-ce qui a changé dans la façon dont les jeunes envisagent leur avenir ? Et comment expliquer que la crise, loin de les décourager, semble au contraire les galvaniser ?
Comprendre ce qui pousse les jeunes vers l'entrepreneuriat, c'est d'abord comprendre comment ils regardent le travail. Et sur ce point, quelque chose a fondamentalement changé. Selon l'Indice Entrepreneurial Français (Ifop pour Bpifrance Création), 36 % des jeunes de 18-24 ans déclarent préférer le statut d'indépendant à celui de salarié.. Ce n'était pas le cas de leurs parents au même âge. Ce glissement ne s'explique pas par un rejet du travail, bien au contraire. Il s'explique par une exigence nouvelle vis-à-vis de ce que le travail doit apporter.
Ce que les jeunes cherchent dans l'entrepreneuriat, c'est d'abord la possibilité d'avoir des responsabilités réelles et immédiates. Dans un parcours salarié classique, ces responsabilités s'obtiennent avec le temps, au fil d'une progression souvent lente et balisée. L'entrepreneuriat court-circuite cette logique. Dès le premier jour, on prend des décisions qui ont de vraies conséquences. On est au centre, pas en périphérie. Et pour une génération qui veut agir vite et voir les résultats de ses efforts directement, c'est une différence fondamentale. D'ailleurs, 71 % des étudiants interrogés dans le baromètre CIC-Moovjee déclarent être motivés pour prendre en main leur avenir, et pas simplement le subir.
Mais il y a une dimension plus profonde encore, qui dépasse la simple question des responsabilités.Pour 84 % des étudiants interrogés, créer une entreprise représente avant tout une forme d'engagement pour la société. Ce chiffre est révélateur d'une transformation dans la façon dont cette génération conçoit le rôle de l'entrepreneur. Créer une entreprise, pour eux, ce n'est pas seulement chercher un revenu ou une position sociale. C'est agir concrètement sur des problèmes réels : l'environnement, l'égalité, le lien social. L'entreprise devient un outil de transformation, presque un engagement citoyen. Et c'est précisément cette dimension qui rend l'entrepreneuriat si attractif pour des jeunes qui refusent de dissocier ce qu'ils font professionnellement de ce en quoi ils croient profondément.
Ce désir d'impact s'accompagne d'une confiance en soi remarquable. 49 % des étudiants citent leur capacité de travail comme principal atout, 38 % leur autonomie, 37 % leur enthousiasme. Ils savent que le chemin sera difficile, 69 % reconnaissent le manque de moyens financiers comme un frein majeur et 48 % pointent leur manque d'expérience, mais ces obstacles ne les découragent pas. Ils les identifient, les nomment, et cherchent comment les contourner. C'est une maturité qui tranche avec l'image du jeune entrepreneur naïf et impulsif que l'on décrit parfois.
Il faut toutefois tempérer ce tableau. Car une partie de cet engouement s'est construite sur une image de l'entrepreneuriat véhiculée par les réseaux sociaux qui ne correspond pas toujours à la réalité. Entre l'influenceur qui vend l'indépendance financière en quelques semaines et la vraie réalité d'un créateur d'entreprise, il y a un monde. Et c'est précisément cet écart entre l'image et la réalité qui explique pourquoi tant de jeunes, malgré une envie sincère, ne franchissent jamais vraiment le pas.
Il y a un chiffre qui résume à lui seul tout le paradoxe de l'entrepreneuriat étudiant. Malgré une intention entrepreneuriale record, seulement 8 % des jeunes Français se déclarent réellement en train de concrétiser un projet, alors qu'ils sont plus de la moitié à en rêver.
Autrement dit : beaucoup veulent, peu franchissent le pas. Et comprendre pourquoi, c'est comprendre ce qui se passe vraiment entre le moment où un jeune dit "je veux créer mon entreprise" et le moment où il le fait réellement.
Ce qui se passe, c'est une confrontation entre l'image de l'entrepreneuriat, séduisante, libératrice, porteuse de sens, et la réalité de ce que créer une entreprise implique concrètement. Cette réalité est bien plus exigeante que ce que la plupart des jeunes anticipent au départ. Non pas parce qu'ils sont incompétents ou imprudents, mais parce que personne ne les y a vraiment préparés.
Le premier choc, c'est celui de l'argent. 64 % des étudiants citent le manque de moyens financiers comme leur principal frein, et on les comprend. Créer une entreprise demande du capital, une capacité à tenir financièrement pendant des mois sans revenus garantis, et souvent la confiance d'une banque ou d'un investisseur qui n'a aucune raison évidente de faire confiance à quelqu'un sans historique. Ce mur financier est réel, et il décourage beaucoup de projets avant même qu'ils aient eu la chance de démarrer.
Mais ce serait une erreur de s'arrêter là. Car derrière l'obstacle financier se cache quelque chose de plus insidieux encore : le sentiment de ne pas être légitime. 49 % des étudiants pointent leur manque d'expérience comme un frein majeur. Ce manque d'expérience ne se résume pas à ne pas savoir faire une comptabilité ou rédiger un contrat. Il touche à quelque chose de plus profond : la conviction intérieure d'avoir le droit d'entreprendre, d'oser se présenter comme entrepreneur face à des partenaires, des clients, des fournisseurs qui ont des années de terrain derrière eux. Sans cadre pour construire cette légitimité progressivement, beaucoup de jeunes restent bloqués dans une attente perpétuelle d'être enfin assez prêts.
Et c'est là que se noue vraiment le problème. Cette légitimité, cette expérience, ce réseau ne s'acquièrent pas seul. Or entreprendre sans être entouré, sans mentor pour challenger ses idées, sans pairs pour partager ses doutes, c'est s'exposer à un isolement qui use et décourage. Ce n'est pas un détail : 89 % des jeunes jugent le mentorat indispensable à la réussite de leur projet. Ce chiffre dit quelque chose d'essentiel. L'entrepreneuriat n'est pas une aventure solitaire, et ceux qui le vivent comme telle finissent souvent par abandonner non pas faute de talent, mais faute de soutien.
Le fossé entre intention et réalité n'est donc pas une question de volonté. Les jeunes qui veulent entreprendre en ont. C'est une question de préparation. Et c'est précisément ce manque de préparation que la formation a pour rôle de combler.
Si les freins que nous avons décrits sont réels, ils ne sont pas une fatalité. Ils sont surtout le signe qu'entreprendre ne s'improvise pas, et que le choix de sa formation est peut-être la décision la plus stratégique qu'un jeune bachelier puisse prendre s'il nourrit des ambitions entrepreneuriales. C'est exactement à partir de ce constat que Delta Business School a été construite.
L'entrepreneuriat, chez nous, n'est pas une option ajoutée à un programme existant. C'est le point de départ de tout. Delta a été construite autour d'une seule question : comment former concrètement des jeunes capables non seulement de créer une entreprise, mais de la faire tenir dans la durée ? Cette question a tout dicté, la structure des programmes, le profil des intervenants, la philosophie pédagogique. Le résultat est une école qui ressemble davantage à un terrain d'entraînement qu'à une salle de cours.
Ce qui distingue fondamentalement Delta, c'est le choix de reproduire la courbe d'apprentissage réelle d'un entrepreneur plutôt que d'empiler des matières académiques. En première année, on cadre et on pose les fondamentaux. En deuxième, on crée et on se confronte à un vrai projet d'entreprise. En troisième, on consolide en choisissant son domaine de prédilection, product management, marketing et ventes, opérations ou data, que l'on approfondit en alternance ou en stage long. Et les deux dernières années, chaque étudiant choisit sa trajectoire avec le Mastère Entrepreneuriat & Impact ou une spécialisation pointue dans les métiers du digital. Chaque année a un sens, chaque étape prépare la suivante.
Pour pallier le problème de l'isolement et du manque de réseau que ressentent tant de jeunes entrepreneurs, Delta a fait un choix fort sur les personnes qui transmettent la formation. Les intervenants ne sont pas des académiciens déconnectés du terrain. Ce sont des entrepreneurs et des dirigeants en activité, co-fondateurs de startups, Managing Directors de grands groupes internationaux, Chief Product Officers, Chief Marketing Officers, qui ont vécu de l'intérieur ce que les étudiants s'apprêtent à vivre. Ils transmettent leurs décisions difficiles, leurs erreurs, leurs apprentissages. Mais au-delà de la transmission de compétences, ces rencontres ont une valeur que l'on sous-estime souvent : elles permettent aux étudiants de commencer à construire leur réseau professionnel dès leurs premières années de formation, bien avant d'en avoir besoin. Dans l'entrepreneuriat, ce réseau constitué tôt fait souvent la différence entre un projet qui reste une idée et un projet qui trouve ses premiers partenaires, ses premiers clients, ses premiers soutiens.
Reste la question de la légitimité. Ce sentiment de ne pas encore être prêt qui pousse tant de jeunes à reporter indéfiniment leur passage à l'acte. Delta y répond par une pédagogie résolument tournée vers l'action. On ne se contente pas d'étudier des cas d'entreprises, on construit les siens. On n'apprend pas le pitch de façon théorique, on le pratique devant de vrais professionnels. C'est tout le sens du projet Entr'apprendre, qui permet aux étudiants de créer réellement leur entreprise pendant leur formation, accompagnés d'un mentor entrepreneur et business angel disposant d'une grande expérience. Ce n'est pas une simulation, ce n'est pas un exercice académique : c'est le vrai monde, avec un filet de sécurité. Cette confrontation régulière avec la réalité, dans un cadre où l'erreur est formative et non fatale, est ce qui permet aux étudiants de construire progressivement une légitimité solide, bien avant de se retrouver seuls face au marché.
Enfin, Delta a intégré l'intelligence artificielle au cœur de tous ses programmes parce que les entrepreneurs de demain ne peuvent tout simplement pas se permettre de l'ignorer. Générer des concepts, analyser des données, automatiser des processus, affiner une stratégie : l'IA n'est pas enseignée comme un cours supplémentaire, mais comme un réflexe que les étudiants développent naturellement tout au long de leur formation.
L'entrepreneuriat n'a jamais été aussi accessible qu'aujourd'hui. Les outils numériques ont effacé des barrières qui existaient il y a encore dix ans. L'intelligence artificielle a démultiplié la capacité d'un individu seul à tester, construire et faire grandir une idée. Les écosystèmes de financement, d'accompagnement et de mentorat se sont considérablement développés. Et pourtant, ce qui fait encore la différence entre ceux qui franchissent le pas et ceux qui restent au stade de l'intention, ce n'est pas l'accès aux outils. C'est la préparation.
Se former à l'entrepreneuriat dès le bac, c'est faire le choix d'arriver sur le terrain avec plusieurs longueurs d'avance. C'est d'abord développer des compétences transversales, gestion, marketing, finance, data, leadership, que le marché du travail valorise massivement, que l'on finisse par créer sa propre structure ou que l'on intègre une entreprise avec un profil qui tranche. Un étudiant qui sort d'une formation orientée entrepreneuriat n'a pas seulement un diplôme. Il a une façon de penser, une capacité à identifier des problèmes, à structurer des solutions, à convaincre et à exécuter. C'est une valeur ajoutée que les recruteurs perçoivent immédiatement et que les années passées dans un cursus purement académique ne produisent pas naturellement.
C'est ensuite une question de timing. Le réseau se construit dans le temps, et ceux qui commencent tôt partent avec un avantage considérable. Les camarades d'études d'aujourd'hui sont les associés, les investisseurs ou les premiers clients de demain. Les intervenants professionnels croisés en cours sont les portes d'entrée vers des secteurs entiers. Les mentors rencontrés pendant la formation sont ceux qui, quelques années plus tard, ouvriront les bonnes portes au bon moment. Tout cela se construit bien avant le grand saut, et une formation dédiée est l'environnement le plus naturel pour le faire.
C'est enfin une question de rapport à l'échec. Entreprendre, c'est accepter de se tromper, d'ajuster, de recommencer. Cette capacité de résilience ne s'acquiert pas en lisant des livres sur le sujet. Elle se construit en se confrontant à de vraies situations, en prenant de vraies décisions, en assumant de vraies conséquences, dans un cadre où l'erreur est encore formative plutôt que fatale. Les études représentent une fenêtre unique pour développer ce rapport sain à l'échec, avant que les enjeux personnels et financiers ne rendent chaque faux pas infiniment plus lourd à porter.
Au fond, se former à l'entrepreneuriat dès le bac, ce n'est pas parier sur un avenir incertain. C'est au contraire le choix le plus rationnel que puisse faire un jeune qui regarde lucidement le monde dans lequel il s'apprête à vivre. Un monde où la capacité à créer, à s'adapter et à innover n'est plus réservée à quelques-uns : elle est devenue la compétence la plus précieuse qui soit, quelle que soit la trajectoire professionnelle que l'on choisit.